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"Il n'est de
victoire qui
vaille que celle
sur soi-même"

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Lundi 13 août 2007
Pendant la parution du roman les contes de la valise, plusieurs questions sont revenues dans vos commentaires.

Je vais tâcher d'y répondre aujourd'hui .

La valise existe-t'elle réellement ???

Oui, je possède cette fameuse valise, en taille réduite et vous la montre immédiatement.
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Dedans je range mes tubes d'aquarelles.
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Suis-je l'auteur de ce livre ???

Oui, je l'avoue !!
C'est l'aboutissement de dix ans de travail (avec de longues pauses) et beaucoup de recherches et même d'interviews comme  par exemple le chapitre sur le curé, qui m'a été pour beaucoup "soufflé" par un véritable curé de campagne avec qui j'avais discuté une après-midi entière.


Est-ce à caractère auto-biographique ???
On ne peut pas dire cela, même si on retrouve un peu de moi dans certains personnages comme "la potiche" à  une époque de ma vie !!!!


ce livre a-t'il  été édité, m'avez-vous également demandé ?
Non, je n'ai pas eu le courage de faire la démarche de chercher un éditeur et je n'ai pas les moyens de le faire éditer à compte d'auteurs.
Je souhaitais que des gens puissent le lire, c'est chose faite et vous  m'avez apporté le grand plaisir de pouvoir le partager...

Je vous  remercie énormément pour cela !!!!

Certains enfin se demandent ce que je vais bien pouvoir faire paraître après ce roman... le prochain étant en cours d'écriture (dix ans c'est long..lol)...
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VOILA MA NOUVELLE IDEE

Je voudrais faire appel à tous les amis bloggueurs photographes pour la suite à venir ...

Envoyez-moi, une ou plusieurs photographies "insolites", qui pourraient peut-être m'inspirer des courtes nouvelles, des débuts d'histoires  ou des poèmes...(cent-neuf@hotmail.fr)
Je sélectionnerai celles qui m'entraînent dans l'imaginaire et les ferai paraître sur le blog avec l'histoire inventée ou le poème, votre nom de blog et le lien pour aller dessus.

Je vous demanderai juste de ne pas être trop pressés car l'écriture est un exercice de style qui demande du temps et du travail...


Par Katara - Publié dans : Les contes de la valise
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Vendredi 10 août 2007
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Les contes de la valise ou histoires de folies très ordinaires


En lisant les lettres d'amour de Roseline, adressées au vieil écrivain, Sarah découvre peu  à peu tous les personnages créés par son cousin...


conclusion et FIN

La Sapinière,

Janvier 1954

Docteur Julien Raynal,

Cher Monsieur,

 

J’ai le regret de vous informer que Mademoiselle Roseline Bouchard n’a pas été en mesure de lire vos dernières lettres. Elle est plongée dans un état de délire aigu dont, aucun traitement malheureusement ne semble vouloir venir à bout.

J’ai bien peur aux vues de nos connaissances médicales, nous ne puissions plus rien faire pour elle. Son état semble irrémédiable.

Je vous donnerai de ses nouvelles régulièrement, soyez sans crainte.

 



La Sapinière,

Avril 1954

Docteur Julien Raynal,

 

Cher Monsieur,

 

L’état de Madame Bouchard reste stationnaire. Je puis vous assurer formellement qu’elle ne souffre en aucune façon. Disons qu’elle est plongée dans un autre univers et en dehors de quelques crises vite maîtrisées, elle demeure une patiente calme et tranquille

Sincèrement je ne pense pas que votre venue soit souhaitable. Cela serait pour vous une épreuve douloureuse car elle ne vous reconnaîtrait pas.

N’ayez aucun souci, nous veillons sur elle avec grand soin.

 

La Sapinière,

24 août 1954

Docteur Julien Raynal,
 

Cher Monsieur,

 

J’ai la pénible mission de vous annoncer le décès de votre amie, Madame Roseline Bouchard qui s’est éteinte dans son sommeil la nuit dernière.

Mes collègues se joignent à moi pour vous adresser nos plus sincères condoléances. Nous pouvons envisager, suivant vos souhaits, une sépulture dans notre cimetière ou le rapatriement du corps à Paris.

Dans tous les cas, nous attendons vos directives pour régler tous les détails d’ordre matériel.

 

Veuillez croire, cher Monsieur, à nos regrets sincères.



        Sarah replia méticuleusement toutes les lettres ouvertes, elle refit un joli noeud et avisant la vieille sacoche sur la table, l'ouvrit et déposa dedans le petit tas...

Au passage, et avec beaucoup de tendresse, ses mains caressèrent l'écharpe blanche de Roseline, la vieille bible, le flacon de parfum...

Enfin, elle referma la valise et la rangea à côté du premier véritable roman d'Etienne Parès.

Elle se fit alors la promesse de le faire paraître le plus vite possible.

FIN


J'ai dédié ce livre à mes grand-parents maternels dont la vie fut aussi extraordinaire que celles des personnages de ce roman...

Par Katara - Publié dans : Les contes de la valise
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Mercredi 8 août 2007
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Les contes de la valise ou histoires de folies très ordinaires


En lisant les lettres d'amour de Roseline, adressées au vieil écrivain, Sarah découvre peu  à peu tous les personnages créés par son cousin...


conclusion :  (partie 4)


Etablissement la Sapinière,

Le 1er février 1953,

 

        Merci, mon ami, de t’inquiéter de ce transfert à la Sapinière. Les spécialistes ont jugé que cet établissement était mieux adapté et qu’ici j’aurais une meilleure chance de guérison.

 

        Oui, c’est vrai que je ne t’ai presque pas écrit depuis que je suis arrivée ici, mais vois-tu, au début, il m’a été un peu difficile de m’adapter et j’ai du faire une cure de sommeil. Les traitements dont on m’abreuve me font du bien mais ils ont tendance à m’endormir.

        Ici, je rencontre des gens très particuliers, attachants, qui ont un parcours souvent difficile. Certains sont là depuis des années et peut-être pour la vie... C’est navrant !

 Il y a une petite jeune fille adorable mais atrocement maigre qui refuse de s’alimenter. On l’enferme presque toute la journée de peur qu’elle ne perde du poids... C’est choquant.

Je me suis liée d’amitié avec un ancien prêtre, curé de campagne qui prétend dialoguer directement avec notre créateur. Cette bizarrerie mise à part, il est capable d’entretenir des conversations passionnantes sur la foi et la recherche de soi-même.
 

Dieu lui aurait affirmé que notre tâche, ici bas, serait d’exploiter et d’affirmer notre part personnelle de divinité... créer, chacun à notre échelle, une parcelle lumineuse basée sur les valeurs de l’évangile...      

Etonnant non ? Dernièrement, il m’a offert une édition du nouveau testament en gage d’amitié. Je ne sais si j’aurai le courage de le lire, j’ai déjà tant de peine à trouver celui de t’écrire.

 

Roseline


La Sapinière,

7 juin 1953       

 

        Tu me demandes de décrire la douleur qui m’habite pour mieux la partager. J’aimerais t’en parler mais j’ignore comment ; c’est une bête tapie en moi, sournoise, immonde qui tisse sa toile dans mon esprit. J’essaie en vain de la fuir, de me retrancher pour lui échapper. Je suis assaillie en permanence par une angoisse sourde... tendue, déprimée et traquée.

        Je sens que je ne peux appeler personne à l’aide car qui arriverait  à me comprendre ? Ici quand tu t’effondres, , on t’emmène dormir quelques jours...

        Je craignais la mort... je rencontre bien pire je crois.. Cela me détruit inexorablement même si je reste en vie.

        Les gens autour de moi semblent souffrir des mêmes affres alors j’essaie de garder courage puisque je ne suis pas seule. Mon ami le prêtre m’aide énormément...

        Moi aussi, il me semble parfois entendre des voix... Il y a un nouveau venu parmi nous.. Il est spécial...

    C’est un artiste de grand renom qui a complètement craqué... Il jouait du saxophone... Parfois on le voit se promener à moitié nu, un morceau de bois dans la main qu’il porte à sa bouche, mimant quelques mélodies.

        Il m’a donné une quantité industrielle de partitions qu’il fabrique.... Je t’en adresse une... Je ne sais ce qu’elle vaut n’étant pas musicienne mais il semble me souvenir que tu sais jouer du piano... tu me raconteras...

 

R.


La suite vendredi et la FIN LUNDI PROCHAIN...

Par Katara - Publié dans : Les contes de la valise
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Lundi 6 août 2007
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Les contes de la valise ou histoires de folies très ordinaires

Sarah la cousine de l'écrivain a retrouvé près du livre terminé des lettres écrites par une certaine Roseline, elle en fait la lecture...et y retrouve peu à peu tous les personnages du livre d'Etienne....


conclusion : les souvenirs de Monsieur Etienne Parès (partie 3)

Maison de repos, la Roseraie, Nice

Le 10 août 1952

 

Mon ami,

 

        Me voilà alitée pour quelques temps. Cela me permet de te consacrer un peu de moi. J’ai été, comme tu peux l’imaginer, très éprouvée par la disparition d’Yvon Borloff. A double titre, c’était tout d’abord un ami merveilleux, garçon exceptionnel et bourré de talent même si certains de ses détracteurs le considèrent aujourd’hui comme « fou à lier ».

        Peux-tu me dire pourquoi le côté fantasque de certains artistes dérange tellement ? L’autre point qui m’horrifie est qu’à deux minutes près, je me serais trouvée moi-même sur les lieux de l’explosion... C’est affreux, cette maison effondrée, les cendres la toiture enchevêtrée se calcinant...

        Tu as sans doute lu dans les journaux cette théorie absurde de tentative de suicide ! Je ne décolère pas. Yvon n’aurait jamais porté atteinte à ses jours. Il aimait trop la vie et son travail. Je pense que son étourderie est à l’origine du drame.

        J’ai peur, Etienne, aujourd’hui, en cet instant ; D’un coup la précarité de cette vie m’apparaît et m’est insupportable... écris-moi vite.

 

Roseline

 

 

Maison de Repos, La Roseraie, Nice

15 décembre 1952

Très cher toi,

 

        Merci de tout cœur pour le réconfort apporté par tes lettres empreintes de tendresse. Ne t’inquiète pas tant cependant. La maison de repos dans laquelle je séjourne vaut véritablement un hôtel de luxe. J’y suis au calme et j’ai une vue sur la mer admirable. Simplement, je me sens fatiguée.

        J’ai énormément travaillé ces dernières années et voyagé aussi. Alors avec le choc de ce décès, en plus...

        J’ai lu avec intérêt ton dernier ouvrage et pour être vraiment honnête avec toi, moi non plus, je n’aime pas tellement ce que tu écris. (pour répondre franchement à ta question.) Où se cache l’Etienne d’antan ? Tu sembles sans cesse remettre à plus tard l’écriture de cet ouvrage qui te tenait tellement à cœur.

        Fais-moi la promesse solennelle de l’écrire un jour, je t’en supplie !

        Est-ce si difficile de baisser ta garde ? Ton style est sec, aseptisé, sans émotion aucune. Réalise-toi, ami, avant que la vie ne t’enlève... Tu sais, même fatiguée, je continue mes essais de dessin et de peinture. J’y trouve un réel soulagement intérieur. Une sensation d’apaisement.

        Je suis heureuse que l’esquisse du cordonnier devant son échoppe t’ai plue. Je suis tombée dessus par hasard lors d’une excursion organisée par le centre, dans un petit village, resté à la mode d’autrefois. C’était un brave homme, mais terriblement marqué par la guerre ; il y a perdu deux fils... nous avons échangé nos sentiments sur la mort.

        Cette idée m’obsède toujours tellement Etienne.

        C’est une angoisse permanente « obsessionnelle » disent les médecins d’ici.

        J’ai peur de tout en fait.

        Pour ce qui est de ta proposition charmante, mon doux ami, n’en parlons plus. La complicité que nous avons su préserver au travers de cette correspondance est un lien inaltérable. Je reste persuadée qu’une vie de couple ne saurait en aucun cas nous apporter autant.

Restons en là, veux tu ?

 

Ta vieille amie,

 

Cette semaine  retrouvez la valise :

mercredi...
et vendredi

c'est LA FIN DE l'HISTOIRE

Par Katara - Publié dans : Les contes de la valise
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Vendredi 3 août 2007
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Les contes de la valise ou histoires de folies très ordinaires

Sarah la cousine de l'écrivain a retrouvé près du livre terminé des lettres écrites par une certaine Roseline, elle en fait la lecture...

Conclusion (partie2): les souvenirs de Mr Etienne Parès

 

Paris, le 15 novembre 1947

 

Cher toi,

 

        Je réponds très vite à cette lettre qui m’a consternée : ce flot de reproches acerbes. Oui, c’est vrai et je le revendique, je vis de mon image (as-tu au moins apprécié la photo que je t’ai adressée ?) . Mais non, je ne m’avilis pas. Les photographes avec lesquels je travaille sont des artistes, je te le rappelle.

        Et même si j’offre aux regards ce dont la nature m’a dotée ma vie n’est en rien aussi dissolue que tu sembles l’imaginer. Les risques que tu envisages pour moi sont stupides et reflètent plutôt tes propres angoisses.

        Je vis, Etienne, et je respire. Et, au risque de te peiner, je suis heureuse. J’ai une existence en mouvement permanent à travers laquelle je vogue de rencontres en découvertes. Oui, il est vrai que certaines de ces personnes côtoyées sont futiles. Certains, je suis d’accord s’enferrent dans un univers pervers d’alcool et de drogue. Mais je ne suis pas attirée par ces choses-là. J’acquiers ma plénitude dans ma volonté de vivre pleinement et simplement les événements.

        Pauvre chéri, tu me dis que tu n’écris plus que des oeuvres commerciales et que sans moi, tu n’y arrives pas. Pourquoi te mentir ainsi à toi-même ? Te cacher derrière des faux-fuyants ? Je ne suis pas « la » source d’inspiration unique ! Va au devant des autres, sors un peu de toi-même, existe aussi en dehors de ton imaginaire !

        Tu mènes une existence d’ermite, tu n’expérimentes rien. Pourquoi refuser la richesse des échanges avec autrui ? De quoi as-tu peur ?

        Ah ! Si seulement tu avais pu partager l’ivresse de mon dernier voyage... les couleurs, les odeurs, les émotions ! Et si pour changer tu stoppais ton introspection permanente.

        Je te laisse sur ce conseil, le travail m’attend.

 

Affectueusement,

Roseline



 

Londres, le 6 juillet 1950

Cher Etienne,

 

        De passage à Londres je t’adresse ces quelques lignes. J’ai la chance inouïe d’être enfin passée de l’autre côté de l’objectif comme je l’espérais depuis si longtemps.

        J’ai effectué toute une série de photos de mode pour la haute couture où j’ai bien évidemment mes entrées... Je suis surprise de voir à quel point tu sembles regretter toutes les nouveautés artistiques ! Rien ne trouvera donc grâce à tes yeux ?

        Moi j’aime le surréalisme, l’abstraction lyrique, au risque de te décevoir, j’adore Simone de Beauvoir !

        J’ai fait la connaissance d’un jeune sculpteur talentueux dont on devrait bientôt entendre parler à Paris. Il est quelque peu curieux, travaillant au milieu des montagnes, isolé...

        Je t’en reparlerai.

        Un conseil, sors un peu et essaie de voir des films récents ou des expositions...

Ton amie,

Roseline

 

Par Katara - Publié dans : Les contes de la valise
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